Le rapport de l’Inspection générale des finances (Igf) sur le Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac), longtemps évoqué sans jamais avoir été pleinement dévoilé, est désormais au centre d’une affaire à la fois politique et judiciaire. Ce document, qui a déjà conduit à l’incarcération de Mamina Daffé et Ibrahima Cissé, jette une lumière crue sur les dysfonctionnements et les irrégularités dans la gestion des fonds publics, en particulier concernant le contrat entre le Prodac et la société Green 2000. Bien que le rapport ait déjà été partiellement divulgué, des révélations plus explosives, notamment concernant l’ancien ministre Mame Mbaye Niang, demeurent largement inconnues.
Lorsqu’Ousmane Sonko était encore opposant, il avait soulevé ce dossier lors d’une conférence de presse, bien qu’il ait commis un lapsus en citant le nom de l’organisme ayant produit le rapport. Plus tard, en tant que Premier ministre, il a annoncé devant une foule enthousiaste au Grand Théâtre de Dakar que ce même rapport était désormais sur son bureau à la Primature. Cette annonce, applaudie par les militants, a sans doute provoqué une inquiétude palpable parmi les personnes mentionnées dans le document.
Le rapport de l’Igf, qui fait état de plus de 100 pages d’informations, dénonce les irrégularités dans l’exécution du programme Prodac. Ce dernier a déjà conduit à l’arrestation de Mamina Daffé, l’ex-coordinateur du programme, et d’Ibrahima Cissé, dirigeant de la société Tida, deux figures parmi les premières prises dans cette affaire. Toutefois, ces arrestations ne semblent être que les prémices d’une enquête plus vaste.
L’Inspection générale des finances, mandatée pour auditer la gestion du programme, a identifié de multiples problèmes liés à un contrat signé en 2017 entre le Prodac et Green 2000. Ce contrat, d’un montant de près de 30 milliards de FCFA, avait été conclu par Mame Mbaye Niang, alors ministre de l’Emploi. Bien que l’audit n’ait relevé aucune irrégularité lors de la signature, la suite des événements a révélé des anomalies sérieuses. Le rapport mentionne l’attitude ambiguë de l’ancien ministre face aux alertes concernant les manquements de Green 2000. Ce dernier aurait, par exemple, écrit à plusieurs reprises aux ministères et responsables concernés pour permettre à la société de débloquer des fonds sans que les travaux ne soient réellement accomplis.
Des irrégularités, telles que l’enregistrement tardif du contrat et la non-mobilisation de la caution, ont été dénoncées sans qu’aucune action corrective ne soit entreprise. Une mission de terrain a par ailleurs confirmé que les investissements réalisés étaient loin de correspondre aux fonds déjà versés. Aujourd’hui, l’ancien ministre Mame Mbaye Niang, actuellement à l’étranger, fait l’objet d’une enquête approfondie menée par le Pool judiciaire financier. Ce dernier a également saisi des cabinets notariaux pour examiner d’autres dossiers associés à son mandat.
Le scandale continue de secouer le pays, mettant en lumière l’ampleur des dérives dans la gestion des fonds publics et les enjeux politiques entourant cette affaire aux multiples ramifications.

Commentaires
Enregistrer un commentaire